C’est un trou dans ma peau, la pointe d’un canif au ventre. Toujours présent.

J’ai beau «travailler fort», convertir tous ces flots d’énergies à des fins créatives, sublimer mes sentiments et sensations, «me réaliser» à travers ma carrière, garder le cap, avoir rencontré cette S piègle adorable qui me donne des envies de jardiner la Terre entière, je ressens un trou ici. C’est comme si on m’avait arraché une autre partie de moi-même, cherry rose bourgogne.

Je m’ennuie de mes Tourlous. Ça me manque de sentir la chaleur de mon semi-homme quand il vient s’asseoir et s’accoter sur moi pour boire, ses doigts qui me pincent le dos de la main comme il le fait depuis toujours, lui qui de plus en plus quand on se voit ne cesse de me dire «Papaaaa!» Ça me manque de voir ma Laurence des bulles me tendre la main afin de nous rendre vers un but fixé par elle, de regarder ses yeux pétillants quand elle me taquine, de ne pas pouvoir l’accompagner dans ses premières découvertes du monde. Quel beau monde on lui prépare! «Tu sais, Laurence, les papas, c’est pas si important que ça finalement..»

Là, ils sont loin mes Tourlous, nous sommes privés de nos contacts si précieux, si tendres, si pleins de complicité.

Pour combien de temps encore?