Pas une semaine droit de visite ne passe sans que Roy me dise que “maman fait bobo à Roy”, que “nono fait bobo à Roy”. Nono, c’est pour Gino ou Dino, je sais pas trop. Tout ce que je sais, c’est que c’est son nouveau chum. Son ixième. Elle a même l’outrecuidance de le faire appeller papa par Roy et Laurence. N’importe qui peut se laisser appeler mononc ou matante, à la limite des limites, ça n’a pas vraiment d’incidence psychologique, ou encore papi et mamie (et encore dans ce dernier cas).. mais papa? Je passerais pour quel genre de papa moi si j’obligeais Roy et Laurence à appeler maman ma dernière flamme, puis la suivante, et… Des irresponsables. Comme dirait mon ami Rabelais, “tas de croustelevez !”Je me demande si les autres qui ont précédé “nono” se laissaient aussi appeler papa par les Tourlous.
Bref, je lui pose des questions à Roy, je lui demande pourquoi il dit ça, tente de comprendre le mécanisme à l’oeuvre. Il me répond invariablement la même chose : “maman fait bobo à Roy”, “Dino fait bobo à Roy”. Je vois son désarroi qui est palpable tant dans ses mots que ses gestes. Il s’agrippe à moi et me regarde dans le blanc des yeux en me disant : “veut rester avec papa” et répétant ses milliers de pourquoi. Pourquoi peut pas rester avec papa? Pourquoi retourner à Saint-Pamphile?
Et moi qui ne doit pas dénigrer la mère. La belle affaire !
J’ai pensé recourir à la DPJ pour élucider ces révélations qui me troublent prodigieusement. Mais déjà, en mai 2005, quand Roy m’a dit “papa touche au pénis à Roy” et que je me suis dit que je ne laisserais pas sa mère et son entourage lui faire dire de telles énormités, j’ai d’abord contacté André Veilleux le psychologue chargé de l’expertise psycho-sociale que j’avais demandé dans notre cause, afin de savoir comment dealer avec ça, à qui m’adresser, quoi faire, comment réagir. Fidèle à lui-même depuis le début, il a repoussé mes dires les qualifiant d’allégations destinées à manipuler madame une fois de plus.
Voyant l’impasse et avant de casser mon téléphone, je me suis donc tourné vers la DPJ de Beauce-Etchemins. J’ai expliqué à la madame le contexte juridique, la situation familiale. J’ai répété les paroles de Roy parce que je les avais notées. Après quelques va-et-vients téléphoniques, j’ai eu alors pour toute réponse : “on peut pas prendre le signalement, Monsieur, parce que sinon, la mère risque de s’en servir pour suspendre vos droits d’accès” ! Même si c’est moi qui signale une situation aussi aberrante qu’anormale !
Mais le pire, c’est qu’elle m’a avoué la madame que si c’était la mère qui avait porté à leur attention une telle situation, le signalement aurait été enregistré sans problème.
Dans quel pays vit-on encore?
Là, dans le contexte de ce qu’on apprend dans les journaux par rapport à ces ignobles individus dans Lotbinière sinistrement appelés “famille d’accueil”, où les “parents d’accueil” et des “amis” ont agressé des enfants en bas âge et leur ont fait subir des écoeuranteries sans nom qui me donnent furieusement envie de voter Reform Party, je suis un papa pour le moins inquiet. Car non seulement mes Tourlous me révèlent des choses qui me rendent mal à l’aise, mais en plus j’apprends de temps à autres par la bouche de ma voisine (née dans le village voisin de la mère de mes enfants) qu’une telle de ses amies les connaît mes Tourlous parce qu’elle les a déjà gardés, qu’une autre de ses connaissances aussi les a gardés, etc., ce qui a pour l’heur de me foutre en rogne de savoir mes enfants ballotés d’un côté et de l’autre chez des inconnus sur lesquels je ne sais strictement rien, alors que moi-même je veux m’occuper d’eux et l’état québécois me l’interdit.
Quoi penser? Quoi faire?
Quelqu’un peut me dire ce que ça va prendre pour que cesse cette folie sans nom?